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Avoir ses règles au travail, quid du flux instinctif ?


La question du flux instinctif au travail se pose sérieusement dès lors que l’on souhaite débuter la pratique ou que l’on soit déjà expérimentée.

Selon le travail que l’on fait, cela peut être un frein à sa mise en place malgré le souhait de le pratiquer quotidiennement.



Dans cet article, nous allons nous interroger sur les conditions de travail des femmes lors de leurs menstruations ; si nous pouvons améliorer ces conditions ; quels droits avons nous lors de nos règles ? Peut-on imaginer que le monde du travail s’adapte aux femmes ?

Des questions sur lesquelles il serait temps de se pencher sérieusement étant donné que les femmes représentent la moitié de la population active dans le monde.

Les conditions de travail des femmes lors de leurs menstruations en 2021 :

Les femmes ont leurs règles aussi au travail, nos menstruations ne s’arrêtent pas une fois sorties de la maison! Cela ne se voit pas, mais elles sont là.

Cette phase physiologique où les hormones agissent, sont une charge physique et mentale, qu’elles supportent et avec lesquelles elles doivent s’adapter au quotidien, notamment sur leur lieu de travail.

Peuvent-elles aller aux toilettes régulièrement ?

Aujourd’hui encore, les accès aux toilettes propres et sécure pour les femmes sont compliqués, d’une part parce qu’il n’y a pas toujours de wc à proximité ou en libre accès sans justification ou bien les wc ne sont pas équipés de lavabos ou de poubelles pour pouvoir y jeter les protections périodiques ou se laver les mains. Ce qui est un comble !

C’est un vrai problème pour les femmes qui travaillent en entreprise et n’ont pas un accès pratique et régulier aux toilettes.

Cela induit une charge mentale supplémentaire pour trouver des stratégies d’adaptation :

-pour jeter leurs protections

-ou réfléchir et adapter le trajet,

-le temps,

-la peur d’être tachée,

-ne pas pouvoir changer sa protections quand cela doit être nécessaire etc.)

Accès aux protections périodiques sur le lieu de travail ?

Rappelons que les femmes sont moins bien payées que les hommes pour un travail similaire, leur pouvoir d’achat en est donc diminué, pourtant celles ci doivent encore acheter des protections periodiques.

Ce qui est un coût mensuel non négligeable. Environ 5 % du budget d’une femme selon les sources de l’INSEE.

Avec parfois de la difficulté à se procurer ces produits de premières nécessité. La questions des protections périodiques gratuites sur les lieux de travail tels que les entreprises ou les collèges et lycées sont posées. D’ailleurs certains pays ont adoptés la gratuité et des distributeurs de protections périodiques pour les jeunes filles et les femmes.

Bien sur, Le flux instinctif libre est la clef de ces questions relatives aux protections . Celui ci mettrai fin à ce problème de précarité menstruelle notamment et de charge mentale.

Cependant si l’accès aux wc est déjà compliqué pour les femmes, alors il sera compliqué de pratiquer le fil pour celles qui le souhaiteraient puisque l’on sait que durant la pratique du FIL il faut aller évacuer aux wc régulièrement.

Comme le changement des protections d’ailleurs, cependant on sait bien que la gêne et l’accès difficile aux sanitaires ne permet pas aux femmes de changer ces protections aussi souvent qu’il le faudrait, malheureusement.

Ce qui provoque parfois de graves problèmes de santé tel que le syndrome du choc toxique ou autres joyeusetés microbiennes.

Il est donc communément admis que les femmes gardent des protections bien plus longtemps qu’elles ne le devraient parfois jusqu’à saturation, ce qui est impossible à faire si l’on pratique le fil, car avec toute la volonté du monde, quand la coupe est pleine ça déborde !

Donc il est évident aujourd’hui que certains problèmes d’ordre matériel doivent être réglés ( sans mauvais jeu de mot –’ ) qui laisseront la place aux femmes de tendre vers l’autonomie.

Les besoins fondamentaux font parties intégrantes d’un bien-être qui doit être respecté, se sont des droits auxquels chaque femmes est en mesure de faire respecter. Et avoir un accès à des sanitaires en fait partie.

Et le Congé menstruel ?

Il y a également la question des symptômes physique et psychologique qu’induisent les règles. Un changement hormonal réel qui se joue durant cette phase. Cela peut impliquer des douleurs plus ou moins intenses comme les dysménorrhées , de la fatigue, le moral à zéro, des problèmes de santé grave etc

Nous connaissons toutes ces difficultés à faire comme si de rien n’était alors que c’est parfois vraiment difficile.

Ce qui peut impacter la vie au travail ainsi que les relations sociales si la femme ne peut prendre soin d’elle ou se reposer à ce moment là.

La question du congé menstruel se pose. Quelques pays l’on déjà adopté, comme les pays asiatiques. Cependant les femmes n’osent pas toujours en profiter…

La culture patriarcale et l’injonction à être parfaite est loin d’être éradiqué.

En France aucun congé menstruel, à part peut être quelques entreprises plus humanistes qui jouent le jeu en proposant aux femmes ce congé payé mensuel. C’est un début.

Bien que ces questions soient de plus en plus misent en avant, les postes de directions étant pour la plupart occupés par des hommes, malheureusement, le sujet des règles étant tabou, il est difficile d’aborder clairement, d’un point de vue juridique et constructif ces questions dans le domaine particulier du travail.

Un domaine où les femmes sont souvent obligées de cacher leurs spécificités féminines pour accéder à un certain statut. Il semble encore compliqué pour elles d’en parler afin de trouver des solutions adaptés.

Peut-on améliorer ces conditions ?

Il est toujours possible d’améliorer une situation et celle ci à tout le chemin à faire. Et si l’on souhaite que les choses changes, alors il faut agir.

La première étape est probablement d’en parler ouvertement, pour que tout le monde s’habitue et prenne conscience que les femmes ont leurs règles et qu’elles doivent avoir des conditions de travail adapté à cela.

D’ouvrir le dialogue avec la direction, le personnel, les collègues, à plusieurs. Oser affronter ce sujet tabou au travail.

Adapter les sanitaires, investir ces lieux,

Créer des groupes de femmes et de paroles etc

Revendiquer le statut du sexe féminin ou de la personne qui a ses règles pour adapter les conditions.

Éduquer afin de comprendre les enjeux réels, physiques et moral qu’induisent les menstruations, le savoir et l’éducation lèvera les tabous.

Éduquer, pour ne pas avoir à se justifier ou avoir honte, être gênée d’aller aux toilettes pour évacuer le sang ou changer sa protection.

Travailler d’un point de vue législatif.

Et probablement beaucoup d’autres solutions…

Adaptation du temps de travail aux femmes menstruées ?

Peut-on imaginer une adaptation du temps de travail aux femmes ou aux personnes qui ont leurs menstruations, sachant que la moitié de la population mondiale sont des femmes. Je pense aux femmes dont certains métiers demandent des heures et des heures de présences sans possibilités de se rendre aux toilettes, par manques de temps, de personnel ou d’habitude. Cela doit changer.

C’est le monde du travail qui doit s’adapter aux femmes et non l’inverse. Tout est à repenser, modifier, inventer. Mais cela reste tout à fait envisageable. Cependant ce sont des habitudes tellement ancrées que ne serait-ce que poser ces simples questions d’accès aux wc sont surprenantes et dérangeantes et risquent comme bien d’autre questions relatives aux femmes et à leur reconnaissances, de déranger fortement.

Quels droits ?

« Les droits de la personne sont les droits que toute personne possède en vertu de sa dignité humaine.

La menstruation est directement en lien avec la dignité humaine : lorsqu’une personne n’a pas accès à des installations sanitaires sûres ni à des moyens efficaces de gérer son hygiène menstruelle, elle ne peut pas gérer ses règles dans la dignité. Les moqueries, l’exclusion et la honte liées aux règles portent atteinte à la dignité humaine. L’inégalité des genres, l’extrême pauvreté, les crises humanitaires et certaines traditions dangereuses peuvent transformer le moment des règles en période de privation ou de stigmatisation, ce qui limite l’exercice des droits des personnes menstruées. C’est donc le cas pour les femmes et les filles, mais aussi pour les hommes transgenres ou les personnes non-binaires qui ont leurs règles.

Au sein des sociétés plus favorisées, les femmes et les filles vulnérables peuvent également avoir un accès limité à des installations sanitaires sûres et privées ainsi qu’aux protections périodiques.

Le droit à la santé – Femmes et filles peuvent souffrir de conséquences négatives sur leur santé à cause de l’absence de produits et de structures sanitaires pour gérer leur santé menstruelle, ce qui affecte leur santé et leur bien-être.

Le droit au travail – L’accès limité à des moyens sécurisés de gérer son hygiène menstruelle et aux médicaments contre les douleurs et les troubles menstruels limitent également les opportunités professionnelles des femmes et des filles. Elles peuvent renoncer à certains emplois ou bien être contraintes à sacrifier des heures de travail et de salaire. Les besoins liés aux règles, comme les pauses pour aller aux toilettes, sont parfois pénalisés, ce qui entraîne une inégalité dans les conditions de travail. Femmes et filles peuvent également souffrir de discrimination au travail à cause des tabous autour des règles.

Le droit à l’eau et à l’assainissement – Les installations sanitaires (comme les douches) privées, sûres et adaptées à la culture, ainsi qu’un approvisionnement en eau suffisant, sûr et abordable sont des prérequis fondamentaux pour la gestion de la santé menstruelle.»

Extraits de l’UNFPA sur les menstruations et droit de la personne*

OSEZ libérer la parole et agir pour que les choses changes.

Article Jessica Spina Naturothérapeute

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